Extrait de la Newsletter 3 CRSA/CTS Nouvelle-Aquitaine | Mai – Août 2025
La Formation Spécifique Organisant l’expression des Usagers du CTS 16
A l’échelle des territoires (département), les instances de Démocratie en Santé sont les Conseils Territoriaux de Santé. Chaque CTS est composé de 2 commissions :
- Une Commission Spécifique Santé Mentale,
- Une Formation spécifique organisant l’expression des usagers (FSOEU).
La FSOEU comprend pour chaque CTS, au plus, douze membres : 6 issus des collèges des professionnels et offreurs de services de santé, des collectivités territoriales ou de leur groupement, des représentants de l’Etat et des organismes de sécurité sociale et 6 issus du collège des usagers et associations d’usagers.6
Retour sur un échange réalisé en Avril 2025 avec Isabelle Delbernet du Conseil Territorial de Santé de Charente.
Mme Delbernet, pouvez-vous vous présenter brièvement et nous parler de votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a conduite à vous engager au sein de la FSOEU ?
Je suis directrice d’un EHPAD de la Mutualité Française Charente depuis 14 ans. J’étais auparavant investie au sein de la FEHAP, notamment dans la commission Personnes âgées au niveau national, et je retransmettais les informations au niveau régional et départemental. C’est par la FEHAP, et surtout grâce à M. Maury (président du CTS 16), que je suis entrée au CTS. Ensuite, il faut bien sûr être élue. Et pourquoi la formation organisant l’expression des usagers ? Parce que j’ai vraiment à cœur de porter la parole des personnes que j’accompagne. Je suis beaucoup plus sensible au grand âge, mais pour autant je suis aussi intervenue dans le secteur du handicap, j’ai aussi cette sensibilité là. La santé, en tant que telle, était un domaine un peu plus inconnu pour moi, en dehors de mon expérience en tant qu’usagère du système de santé. Mais justement, je trouvais intéressant de pouvoir faire le lien avec un public plus large, qui peut être « monsieur et madame tout le monde ». Voilà pourquoi je me suis engagée dans l’instance.

Quel regard portez-vous sur votre rôle de présidente ? Quels sont les principaux enjeux et défis de cette fonction ?
Ça s’appelle « présidente », mais pour moi c’est plus un rôle de coordination et de médiation. L’idée, c’est de mettre en relation nos connaissances à tous, de chercher celles que nous n’avons pas, via nos réseaux, les rencontres avec d’autres bénévoles, d’autres professionnels… Je ne prends pas le rôle de présidente comme quelqu’un qui décide et qui acte. Je n’ai jamais eu à dire « c’est comme ça et pas autrement ». C’est quelque chose qui se construit ensemble. Nous sommes une petite commission, 4 ou 5 personnes qui se réunissent régulièrement. Il y a plus d’inscrits, mais en pratique, on est 4 ou 5 à participer, ce qui facilite les échanges. Les enjeux c’est de faire le lien entre les différents secteurs, les différentes sensibilités, et de porter des actions qui, idéalement, bénéficient au plus grand nombre. Ce sont de « grands mots », et je ne suis pas persuadée qu’on y arrive, mais c’est notre souhait. On essaye tous, par de petites actions, d’apporter quelque chose d’utile. Nous restons modestes, ce sont des petits pas pour améliorer le quotidien des usagers. Aussi, dans la formation, il y a deux versants : l’un pour les représentants en Commission Des Usagers (CDU), l’autre pour les établissements médico-sociaux autour des Conseil de la Vie Sociale (CVS). Depuis la mise en place des Conseils de Vie Sociale Départementaux (CVSD), on voit que des établissements (≈15 à 20) viennent aux rencontres. Ils avaient besoin d’un repère, d’un interlocuteur à contacter. Je reçois des mails, des appels de personnes extérieures à mon établissement, sur le fonctionnement des CVS ou de l’EHPAD. Je me dis que ça apporte au moins ça, en plus des thématiques que nous pouvons porter. Souvent, ils n’osent pas se tourner vers leur direction, pour plein de raisons. Moi, je suis neutre, ne juge pas ce qui se passe ou pas, je réponds à la question : « qu’est-ce que ça devrait être ?« .
Quelles synergies identifiez-vous entre le CTS et les autres instances locales (CDCA, CDU, CVS, CVSD) ?
Plusieurs membres de la formation siègent aussi au Conseil Départemental de la Citoyenneté et de l’Autonomie (CDCA)8, qui a ses propres temps de travail. Ce que l’on sait via le CTS, on le transfert au CDCA, et inversement. On invite systématiquement des représentants du CDCA aux CVSD, pour les CDU ce ne sont pas les mêmes problématiques donc non. Sur tous les CVSD nous invitons également les représentants des CDCA, ils sont une petite dizaine à venir ce qui enrichit les échanges. On essaye d’élargir la réflexion, il y a plusieurs EHPAD, des usagers, des représentants du personnel, des familles… Cela enrichit aussi leurs connaissances du secteur et je pense que cela enrichit aussi les propositions faites par le CDCA. Peut-être que nous n’étions pas l’instance qui devait faire ça, mais comme on porte la parole des usagers, je pense que nous sommes dans notre rôle. Et ça fonctionne. Je crois qu’il faut éviter décloisonner. Multiplier les temps pour chacun, ce n’est pas viable. Mutualiser, c’est plus efficace. Finalement, tout se recoupe : les représentants en CDU portent la voix de tous les usagers du système de santé. Il y a des instances qui représentent les usagers dans le système de santé, alors il faut aller vers elles, nous en parlons dans les instances pour les usagers du médico-social. Parler d’un dysfonctionnement, ce n’est pas taper sur le système : c’est juste dire qu’il y a une problématique, et se demander comment l’hôpital ou la clinique peut s’en saisir pour améliorer les choses. C’est aussi ça, faire le lien entre tout le monde.
